Le Rôle des femmes durant la Grande Guerre  

« On ne naît pas femme : on le devient… C’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu’on qualifie de féminin. ».. (Simone de Beauvoir). ..

Quelle était leur place avant la guerre ?

Comment le rôle des femmes a-t-il évolué durant la première guerre mondiale ?

Durant la grande guerre, les femmes à l’arrière ont efficacement contribué à l’effort de guerre. La présentation des actions féminines durant cette période est illustrée à travers l’ouvrage Les Femmes dans la Grande Guerre dont nous allons extraire certaines illustrations.

Pendant la 1ère guerre mondiale la contribution des femmes a revêtu des formes multiples :

Le rôle des femmes durant  le conflit a essentiellement contribué à la victoire.

I  – courage des femmes d’agriculteurs qui, dans une France encore à dominante rurale et agricole, ont dû assumer à partir de l’été 1914 les durs travaux des champs. Chanson : « elles tiendront » qui sert de slogan incontournable pour soutenir le travail des femmes  écrites par Jacques Folrey.

Le 7 août 1914, Viviani, le président du Conseil, qui songe à une guerre courte, fait appel aux femmes pour qu’elles achèvent la moisson puis qu’elles entreprennent les travaux de l’automne.

 

Le travail repose sur les 3,2 millions d’agricultrices, ouvrières agricoles ou femmes d’exploitants. Les femmes deviennent maréchal-ferrant, garde champêtre, boulangère comme Madeleine Deniou d’Exoudun qui, pendant des mois, fait avec son frère de 14 ans, 400 kg de pain par jour.

Cette image reflète le rôle des femmes d’agriculteurs qui remplaçaient leur mari durant le conflit.

champs

14-18. Le magazine de la Grande Guerre, n° 1, avril-mai 2001

 

 

 II Le dévouement des infirmières qui ont soigné les soldats blessés dans les hôpitaux de guerre et les maisons de convalescence .

Lors de la première guerre mondiale, les trois sociétés de la Croix-Rouge française, auxiliaires du service de santé de l’armée, mobilisent plus de 68 000 infirmières, créent près de 1500 hôpitaux auxiliaires, des infirmeries et des cantines de gare pour le soin des soldats malades et blessés. Elles interviennent également auprès populations des régions envahies.

infirmières

Hôpital auxiliaire 201, comité ADF d’Asnières, Hauts-de-Seine)

 

III-La  compassion des « marraines de guerre » qui écrivaient et envoyaient des colis aux soldats du front, rendaient visite aux blessés dans les hôpitaux. La revue «  La Baïonnette » rend hommage aux marraines de guerre avec la citation «  Toutes voudraient sans filleul. Aucune ne voudrait être sans filleul …».

Cette institution populaire née durant la Première Guerre mondiale a laissé dans la mémoire nationale un souvenir marquant qui explique leur re-mobilisation en 1939 pour soutenir à nouveau le moral des soldats. Pourtant, les circonstances de la création des marraines de guerre sont largement ignorées, et l’on a oublié depuis longtemps que l’armée s’en était défiée et que les moralistes les avaient traînées dans la boue. Les marraines de guerre écrivaient aux soldats afin de leur remonter le morale.

sur le front

La vicomtesse Benoist d’Azy, marraine du fort de Douaumont à Verdun, rendant visite aux soldats dans les tranchées et apporte le courrier qui viendra les réconforter et les encourager.

IV – Le courage aussi des femmes des villes qui ont dû pallier le manque de main d’oeuvre dans de nombreux secteurs d’activités, distribuant le courrier, conduisant les tramways, travaillant plus de 10 heures par jour dans les usines d’armement.( «  Si les femmes qui travaillent dans les usines de guerres s’arrêtaient vingt minutes, les Alliés perdraient la guerre ». .. (Général JOFFRE))

Les premiers mois de la guerre 14-18 furent marqués par une crise du chômage. Le départ au front d’une partie de la main d’œuvre masculine incita le gouvernement à suspendre la réglementation du travail féminin dès août 1914, et les femmes des milieux populaires sont contraintes de chercher un emploi, à cause de l’insuffisance des aides versées par l’état. La première guerre mondiale allait démontrer que les femmes étaient indispensables au bon fonctionnement de l’économie et de la société : Agricultrices, receveuse des postes, ouvrières dans les usines d’armement, conductrices de tramways, infirmières, travaillent 13 heures par jour, même le dimanche… Pour des salaires inférieurs à ceux des hommes !

Durant la Première Guerre mondiale, de nombreuses femmes sont appelées à remplacer les hommes dans les usines puisqu’ils sont partis pour la guerre.

Nous avons vu à travers l’ouvrage Les femmes dans la grande guerre que lors de la première guerre mondiale, le rôle des femmes à l’arrière fut déterminant. Qu’en adviendra-t-il au retour de leur mari et lors de la seconde guerre mondiale ?

V.B et E.B.

L’art de Niki de Saint Phalle

 

« J’imaginais la peinture se mettant à saigner. Blessée de la manière dont les gens peuvent être blessés. Pour moi la peinture devenait une personne avec des sentiments et des sensations.” (Niki de Saint Phalle)

Niki de Saint Phalle, la preuve vivante qu’une femme peut monter au sommet de l’art si elle le veut réellement , nous avons visité avec notre classe l’exposition qui lui était consacrée le vendredi 21 novembre 2014 au grand palais .

ST. PHALLE, NIKI 1964        © ERLING MANDELMANN

ST. PHALLE, NIKI 1964 © ERLING MANDELMANN

Niki de Saint Phalle née le 29 octobre 1930 dans les Hauts de Seine grandit à New York et commence sa vie professionnelle dans le mannequinat. Elle se marie à l’âge de 18 ans avec Harry Matthews et lui donnera  deux enfants. Elle souffre de la condition féminine dès son plus jeune âge étant confrontée aux droits et devoirs de chacun de ses parents. En 1953, la jeune femme fait une dépression nerveuse et est internée. Elle quittera son mari et ses enfants pour se réfugier dans l’art afin de trouver l’épanouissement total malgré le fait qu’elle n’ait jamais bénéficié d’une formation artistique.

Niki de Saint Phalle va réaliser des travaux de peintures à l’huile entre 1956 et 1958, s’en suit en 1961 une exposition intitulée “Tir”, ainsi que de grandes sculptures représentant des monstres. Ses œuvres les plus connues sont tirées de la série “Les Nanas” mais également du grand parc “le Jardin de Tarot” en Italie.

Les travaux de peintures à l’huile au style naïf, colorés ou sinistres, ont été exposés à Saint Gallen comme “Scorpion and Stag” en 1957 et “Assemblage painting” en 1958. Les grandes sculptures représentant des monstres ont pour thème la maternité, le mariage et la prostitution, elles sont faites d’un assemblages d’objets du quotidien tels des armatures métalliques, des jouets, de tissus, de plastique, de fleurs, de grillage, de plâtre comme “Le cheval et la mariée” en 1964 et “La promenade du dimanche” en 1971.

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Les tirs sont des peintures réalisées en faisant éclater des tubes remplis de pigments colorés à l’aide d’une carabine, inspirées du style “dégoulinant” de Jackson Pollock, elles sont renommés “peintures au revolver”.  Les Nanas sont des sculptures faites de polyester, très colorées, représentant des femmes sans complexes et difformes qui peuvent avoir une taille souvent impressionnante: petite tête, grosse poitrine, larges hanches et fessier imposant; les plus connues sont la Nana Dolorès et la Nana Hon faites toutes deux en 1966. Le “Jardin de tarot” est un jardin en plein air à Capalbio en Italie, inspirée du parc Guell de Gaudi, il regroupe énormément de sculptures de Niki de Saint Phalle comme “le Golem” en 1972 et “les Amants” en 1979. Niki de Saint Phalle a également réalisé des bijoux à l’image du serpent et de la femme, des calligraphies, des sculptures éclairées, des dessins de nanas, des totems et des tableaux en mouvement.

               Niki de Saint Phalle appartenait au nouveau mouvement du réalisme.  A travers ses œuvres, elle se moque de la société de consommation, combat pour les opprimés et s’engage dans tout ce qui la révolte.                                                                                                                                                    A travers ses sculptures spéciales, elle caricaturise sa liaison avec  sa famille: son père abusant d’elle à onze ans et sa mère représentant un tyran hypocrite.

A travers sa série d’œuvre “Tirs”, elle représente une violence lui permettant d’extérioriser ses démons intérieurs à travers un art sinistre. Pour dénoncer l’image qu’elle se fait de la société Américaine, elle utilise le thème de la guerre froide à travers son œuvre “King Kong”.

Niki de Saint Phalle exprime ses idées, ses causes, ses combats par les Nanas. Notamment “Dolorès” qui dénonce la ségrégation des noirs en Amérique.

Le “Jardin de tarot” montre un coté plus fantaisiste et Niki de Saint Phalle exprime à travers lui sa croyance envers la magie et la voyance.

On remarque deux personnalités chez Niki de Saint Phalle: son côté fantaisiste, frai et coloré et son côté sombre, sinistre et perturbé. Par lequel vous laisserez-vous tenter? 😉

 À la veille du Féminisme

 

Nicolas de Condorcet est un mathématicien, homme politique et philosophe français qui a fait des droits de la femme son unique combat.

« Pourquoi des êtres exposés à des grossesses, et à des indispositions passagères, ne pourraient-ils exercer des droits dont on n’a jamais imaginé de priver les gens qui ont la goutte tous les hivers, et qui s’enrhument aisément ? » Condorcet, Sur l’admission des femmes au droit de cité, 1790.

Étant étudiant au lycée Condorcet nous nous intéresserons donc au parcours de cet homme et à ce qu’il nous a légué.

Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis  de Condorcet, est né le 17 septembre 1743 à Ribemont . Il a lutté durant toute son existence pour différentes causes notamment pour l’égalité des sexes en se prononçant pour le droit de vote des femmes dans le Journal de la Société, dans De l’admission des femmes au droit de cité, il prononcera aussi des discours et écrira des poèmes en faveur de cette cause. Suite au décès de son père, il grandit aux cotés de sa mère qui lui fit porter des vêtements de fille jusqu’à l’âge de ses huit ans ce qui lui forgea une personnalité féministe. Son oncle reprit la tutelle car il s’opposa au choix de sa mère et confia donc son éducation au Jésuites de Reims. Condorcet était déjà député de l’Assemblée législative, membre de l’Académie Française et membre de l’Académie des sciences à l’âge de 22 ans.

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Il a côtoyé le « Tout-Paris philosophique » grâce au salon tenu par  Julie de Lespinasse, avec qui il nouât une forte amitié. Il a en outre participé a la rédaction de l’Encyclopédie avec d’Alembert et Voltaire. Cependant il était méprisé par de nombreuses autres personnalités de l’époque dont Marat et Chabot pour s’être opposés a la nouvelle constitution des Jacobins en 1793.

À l’heure de la Révolution Française les partis politiques (Montagnards, Girondins et Royalistes) étaient en constante confrontation, Condorcet, membre des Girondins est condamné a mort par son ancien ami Robespierre, membre des Montagnards. Lorsque Condorcet est incarcéré, et quelques jours avant son suicide il termine son Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain dans lequel il exprime son envie de voir une égalité des sexes après la Révolution. Celui que l’on a surnommé « le dernier des philosophes » se donne la mort deux jours après son arrestation. C’est seulement au début du XXème siècle que ses écrits, discours ou essaies seront réédites dont la Convention (assemblée constituante), sur la proposition de Daunou, voulait rendre hommage a la mémoire de l’illustre philosophe, en publiant son Esquisse d’un tableau de progrès de l’esprit humain. Dans son ouvrage Le Féminisme au masculin, Benoîte  Groult, dresse un éloge de ces hommes qui « ont prit leur plume pour une épée » (Jean-Paul Sartre, Les mots, 1964) et qui ont souvent milité toutes leurs vies dans l’espoir de voir un jour une égalité parfaite entre homme et femme. Cependant de nos jours d’autres droits ont été attaqués comme la liberté d’expression ou la liberté de la presse et il est de notre devoir de faire honneur aux Hommes qui ont donné leur vie pour rendre la notre meilleure.

« La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » John Stuart Mill.

R.S. et E.S.

A la découverte de la vie d’Alexandra David Néel: une femme qui a eu un destin hors du commun pour son époque

24 Octobre 1868, cette date correspond à la naissance d’une jeune fille qui est vouée à un destin inédit et qui va marquer l’histoire.

Le 24 octobre 1868 marque donc la naissance en France de Louise Eugénie Alexandrine Marie David, qui prendra assez rapidement le surnom d’Alexandra. Elle est fille unique de son père Louis David et de sa mère Alexandrine Borghmans. Son père est instituteur puis journaliste, il est protestant et se rebelle contre l’autorité du pays en tant qu’anarchiste. Sa mère est catholique, elle ne s’attendait pas à avoir une fille, elle aurait préféré avoir un garçon c’est pour cette raison qu’elle ne portera que très peu d’amour à son unique enfant Alexandra.

Nous ne pourrons pas indiquer de lieu précis pour cette biographie car comme dit précédemment Alexandra David Néel est une exploratrice, elle voyage beaucoup et dès son enfance elle prend goût à la découverte de nouveaux horizons. Voici les différents élèments confortants le fait qu’Alexandra David Néel est très curieuse et voyage beaucoup : Alexandra David Néel naît en France en 1868, mais très rapidement elle s’adonne à l’art de la fugue qu’elle pratiquera jusqu’à sa majorité. A l’âge de 6 ans, sa famille part pour la Belgique (c’est durant sa jeunesse en Belgique qu’elle fait la rencontre de Elisée Reclue, celui-ci lui donne envie de s’intéresser aux idées anarchistes et féministes. Elle deviendra par la suite collaboratrice d’un journal féministe, elle participera à des réunions du Conseil National des Femmes). A l’âge de 17 ans,  elle part seule dans les Alpes pour les montagnes et les lacs Italiens.

Mais sa mère en assez de la voir voyager et l’oblige à revenir travailler dans le magasin familial pour vendre des tissus et des vêtements. En 1888, elle obtient la possibilité de partir étudier en Angleterre pour améliorer son anglais, elle pense que cette langue lui permettra de s’ouvrir au reste du monde de manière à voyager une fois de plus. Le 24 Octobre 1889, elle obtient sa majorité et s’installe a Paris a la société Théosophique. Elle est très curieuse et s’intéresse au mystère des choses et des êtres. (A cette époque, elle publie des écrits virulents sur la condition féminine  et écrit un traité anarchique (avec Elisée Reclus) que les éditeurs refuseront d’éditer car c’est une femme et  aussi à cause de la violence de cet écrit.) Lors de son séjour dans la capitale française Alexandra David Néel passe beaucoup de temps au musée Guimet. Elle affirme que c’est avec le temps qu’elle a passé dans ce musée que sa vocation d’orientaliste est née : elle devient la première femme de France bouddhiste. En 1900 elle va a Tunis car sa vie de chanteuse ne la satisfait plus. (elle y découvrira Philippe Néel qui est un ingénieur en chemin de fer, elle se mariera avec lui en 1904) Son mari comprend tout de suite que le rôle de femme au foyer ne correspond pas du tout a Alexandra qui a soif de voyages, Philippe organisera donc plusieurs excursions en Afrique, dans le désert ou bien en bateau mais cela ne lui suffit pas. En 1911, Alexandra, subventionnée par 3 ministères français, part en voyage pour les Indes pour étudier, elle y restera 14 ans (son mari ne la reverra que 14 ans après). Elle passe par le Népal en 1912. En Asie, elle commence un pèlerinage avec l’aide du maharaja du Népal qui lui fournit différents moyens de locomotion. Elle poursuit son pèlerinage en passant par le Sikkim (nord de l’Inde dans l’Himalaya) d’où elle est expulsée par le président britannique car elle s’est rendue deux fois au Tibet sans autorisation, elle décide donc de visiter le Japon.

Alexandra D N

Après le Japon elle se rend en Corée ou elle visite les montagnes qui lui rappellent très fortement le Tibet. Elle va ensuite en Chine a Pékin (elle y rencontrera des tibétains, au temple des lamas, qui l’aident a continuer son voyage à travers le monde.) Ils traversent donc une Chine qui est déchirée par la guerre civile et qui est atteinte de la peste. Ils passent par le Gobi, la Mongolie, et Kum-Kum (monastère au Tibet). En 1921, elle essaye d’atteindre Lhassa qui pour elle est une terre divine, mais durant 3 ans elle essaye de nombreuses fois de passer la frontière ou elle se fait tout le temps démasquer et ou elle est refusée. Elle finit un jour par se décharger de tous ses bagages pour s’y rendre a pied déguiser en mendiante. Avec ce déguisement elle parvient a y rentrer en 1924 a l’age de 56 ans. C’est la première femme d’origine Européenne a séjourner a Lhassa. Elle représente une femme courageuse , ambicieuse pour son époque et pour le peu de droit qi était réserver aux femmes. Après ce long voyage Alexandra reviendra en France pour s’installer dans les basses Alpes. Alexandra ne cesse d’écrire, de travailler et de donner des conférences en Europe. En 1937 elle part pour quelque mois en Chine armée d’appareils photo car elle pense que son voyage sera assez court a cause de son age.

Mais la guerre sino-japonaise, la guerre civile et pour finir la deuxième guerre mondiale éclatent ce qui ne lui permet pas de rentrer, elle reste donc bloquée durant 9 années en Asie avec de nombreuses épidémies,des famines, le froids… En 1941 son mari avec lequel elle ne cessait de correspondre par lettre meurt. En 1946 avec la fin des différentes guerre Alexandra rentre en France a l’age de 82 ans. A son retour elle publie différents ouvrages tels que « le lama aux cinq sagesses » ou « sous des nuées d’orage ». Lorsque son fils adoptif meurt en 1955(elle l’avait recontré lors de son premier voyage de 14 ans et l’avais ramené en France), Alexandra est perdue et se déplace d’hôtels en hôtels. Après avoir fêté ses 100 ans Alexandra ne cesse d’écrire même si elle est rongée par des rhumatismes qui la paralysent quasi totalement. Elle meurt en 1969 et et son dernier voyage est effectué lorsque ses cendres sont dispersées dans le Gange.

On comprend maintenant qu’Alexandra David Néel avait un grand intérêt pour le voyage qu’elle a pratiqué toute sa vie et aussi une passion pour l’écriture qui s’accompagne bien évidemment d’une curiosité gigantesque de sa part.

Cet article a été réalisé a l’aide de la biographie : « Le lumineux destin d’Alexandra David Néel » de Jean Chalon.

 

 A.D.C.B et  N.L.

 

Le Jeûne et le Festin

Un roman présentant Uma et Arun, loin d’être des héros, définis d’abord par leurs caractères particuliers, mais pourtant humains et attachants.

« Le problème d’écrire sur ce thème est de trouver des personnages suffisamment attentifs pour voir les drames qui se jouent. » Anita Desai

Ressentir et voir la vie dans la peau d’une femme, ici Uma, une jeune indienne, découvrir une nouvelle culture à travers des pratiques alimentaires, c’est ce que Anita Desai nous fait partager dans son roman « Le Jeûne et le Festin ».

le jeune

Dans la première moitié de ce roman, Uma, une jeune fille originaire d’Inde, est retenue comme servante dans sa maison parentale, car elle n’arrive pas à se trouver un mari. Elle sait alors que son sort est fixé puisqu’elle n’éprouve en aucun cas la volonté de désobéir à l’autorité paternelle. Or, tout au long de sa vie, Uma se verra alors présenter des nombreuses alternatives, notamment grâce à sa tante qui l’emmène loin de chez elle et lui fait découvrir des expériences qu’elle seule n’aurait jamais pu faire. Elle remarque là des champs de possibilités dans le mode de vie ou encore la nourriture, ce qui lui donne le courage d’aller à l’encontre de ces parents et de leur volonté, en adhérant à ce mode de vie. Elle vivra alors des expériences qu’elle n’aurait jamais pensé vivre auparavant, comme danser, rire aux éclats jusqu’à en tomber, où même apprendre à cuisiner les plats les plus délicieux tout en comprenant alors qu’il existe un moment pour tout.

Dans cette deuxième moitié, son frère, Arun, quitte l’Inde et arrive aux Etats Unis avec l’espoir de vivre enfin le rêve Américain.  A son arrivée, il noue une sorte d’amitié avec Mme Patton, chez qui il loge. Mais la désillusion prend alors très vite le dessus : Les relations qu’il entretient avec sa famille d’accueil sont si incompréhensibles pour lui et la nourriture si différente et répugnante de celle dont il avait l’habitude, qu’il en oublie même les défauts de sa famille. Soulagé lorsqu’il parvient alors à échapper à cette maison déshumanisée, parfois cruelle, où il n’avait pas sa place, il ne s’attendait pas à tomber dans une maison encore plus asservissante. Pour lui, il estimait que cette famille souffrait d’une trop grande liberté.

Désespérée par sa propre maison, Mme Patton ne reste tout de même pas moins prisonnière de sa propre maison que ne l’est Uma. Elle devient alors indépendante au supermarché, son seul refuge, qui lui donne une sensation de liberté alors que ces produits n’inspirent que dégoût à Arun.

Parfois, l’antipathie et la froideur de nombreux personnages, que se soit la sœur ou les parents de la famille d’accueille américaine, peuvent exaspérer. Ce qui n’est finalement pas de mauvais signe puisque les personnages sont décrits comme humains tout au long du roman. Anita Desai a su nous les rendre attachants, au delà de leur portrait saisissant : Malgré le caractère pathétique d’Uma, et énigmatique d’Arun, on leur trouve une certaine sympathie au cours du livre, et de leur histoire.

A.I. et S.G.

Une exigeante liberté

« Cette exigeante liberté » est un entretien de Lucie Aubrac avec Corinne Bouchoux   ; il retrace le parcours de cette femme engagée, brillante et de ses différents combats.

Lucie Aubrac est une femme indépendante et engagée qui participera au mouvement de résistance durant la Seconde guerre mondiale.

Lucie A

Lucie Aubrac au temps de son agrégation de l’Université. Collection particulière Raymond Aubrac

Lucie est née dans une famille de cultivateurs en Bourgogne en 1912 qui l’a poussée vers le haut en lui apprenant très jeune à lire et à être indépendante. C’est d’ailleurs de son père blessé, traumatisé et devenu amnésique pendant la guerre 14/18 que lui vient son côté pacifiste qui l’incitera à intégrer la Résistance en 1931. Lucie veut sortir de sa vie monotone de campagne, ainsi elle tente le concours d’entrée à l’école normale supérieure des institutrices en 1929 et le réussit mais refuse d’y entrer car pour elle « L’idée d’être interne, m’était insupportable ! ». À 17 ans Lucie devient complètement indépendante et acquiert une grande liberté. C’est en ayant trouvé un emploi en tant que plongeur dans un restaurant qu’elle rencontre des professeurs qui l’incitent à faire des études supérieures d’histoire. Mais elle doit tout d’abord passer le baccalauréat qu’elle prépare en autodidacte et qu’elle obtient en 1933. Elle finit par obtenir tous les certificats nécessaires pour avoir sa licence d’histoire en 1936 qui lui permet de préparer l’agrégation d’histoire et géographie qu’elle réussit du premier coup en 1938. Parallèlement à ses études, de 1929 à 1938 Lucie se montre très active politiquement. Elle fréquente le Cercle international de jeunesse, cette association à coloration pacifiste qui cultive la tolérance et qui lui permet de se rendre en Allemagne en 1932 et en Angleterre. Mais Lucie Aubrac est connue pour être une fervente communiste qui défendit ardemment les valeurs de ce parti depuis 1932.
Son mari, Raymond Samuel, un ingénieur des ponts et chaussées, qu’elle rencontre en 1939 le soutiendra toute sa vie et l’aidera notamment à créer avec Jean Cavaillès, un philosophe et ancien collègue de Lucie, et Emmanuel d’Astier de la Vigerie, le journaliste, le mouvement résistant Libération-Sud qui sera le mouvement de résistance le plus important dans la zone sud (création du journal Libération). Lucie sera très impliquée lors de cette guerre et participera même à des sabotages pour libérer des prisonniers. Raymond, son mari, qui faisait parti des groupes francs estarrêté par la police lyonnaise en novembre 1942En Novembre 1942. Elle parvient à le libérer en menaçant le procureur qui avait l’affaire en charge. Le 21 Juin 1943 Raymond est de nouveau arrêté par la Gestapo avec Jean Moulin. Mais c’est le 21 octobre 1943 que Lucie avec un groupe de résistants attaquent un camion allemand dans lequel se trouvent quatorze résistants dont son mari : elle parvient à les sauver.

Lucie et son mari

Lucie et Raymond Aubrac

Traquée par la police, la famille Aubrac entrera dans la clandestinité et se cachera de refuges en refuges pour arriver à Londres le 8 février 1944. Après la guerre, ils iront vivre au Maroc puis en Italie et les Aubracs auront des postes importants au sein de l’Etat français mais aussi au sein de l’ONU. Lorsque les Aubrac rentrèrent en France, Lucie continua son combat en passant dans les écoles pour évoquer la Résistance. Elle publia aussi en 1984 Ils partiront dans l’ivresse un récit autobiographique sous forme d’un journal recomposé couvrant les neuf mois de sa grossesse, de mai 1943 à février 1944. Lucie Aubrac est morte le 14 mars 2007 à Paris à l’âge de 94 ans. Ses obsèques, avec les honneurs militaires, ont eu lieu le 21 mars aux Invalides, en présence du chef de l’État, du Premier ministre, de plusieurs ministres, ainsi que d’un grand nombre de personnalités politiques.

Lucie Aubrac reste à jamais une des figures majeures de la résistance féminine durant la seconde guerre mondiale.

A.A. et E.C.

 

Héloïse, une héroïne « normale » !

 

 Hétérosexualité, homosexualité, des choix de vie ou simple attirance envers un des deux sexe ?   Question perdurant depuis des décennies. Les relations amoureuses entre des femmes sont une évidence et n’ont pas besoin d’explications, tel est le message d’Hélène de Monferrand.

Hvde M

Le droit à la liberté de choisir son identité sexuelle est-il  un acte révolutionnaire ?

Pour Hélène de Monferrand ce n’est pas obligatoire. Elle choisit pour son roman, une époque marquée par mai 68, par les débuts de la libre pensée et par la montée du féminisme, mais ses héroïnes appartiennent à une droite traditionaliste et conservatrice qui refuse l’homosexualité.

Hélène de Monferrand est née en 1947 à Saint-Mandé. Elle grandit en Algérie. À onze ans, elle rentre en France avec sa famille. Elle suit des d’études de Lettres. Hélène de Monferrand est une auteur de romans. Elle ne cache pas qu’elle est homosexuelle, et ce n’a pas empêché ses œuvres d’être bien accueillies par les critiques littéraires. L’homosexualité est un thème majeur dans la création littéraire d’Hélène de Monferrand. Elle est l’auteure d’une trilogie: Les Amies d’Héloïse   (1990, qui a obtenu le prix Goncourt du premier roman), Journal de Suzanne (1991) et Les Enfants d’Héloïse (1997) dont le sujet tourne autour de ce choix de sexualité. Elle collabore régulièrement, en tant que critique littéraire, au mensuel Lesbia Magazine. L’auteur écrit, avec Perrin deux romans policiers : L’Habit ne fait pas la nonne, et Ne tirez pas sur la violoniste.

Les Amies d’Héloïse est un roman semi épistolaire, semi journal intime, c’est à dire que l’échange de lettre est utilisé comme appui à une sorte de témoignage intime dans lequel Hélène de Monferrand nous fait la chronique de jeunes filles et de femmes, souvent liées par des liens de parenté  et qui appartiennent à la haute bourgeoisie. Elle s’attache en particulier aux figures féminines lesbiennes qui évoluent à une époque où la société ne laissait pas encore à la femme et à la jeunesse le droit  de vivre librement ses orientations sexuelles.

les amies d'héloise

L’amour entre femmes est ici évoqué librement et simplement avec ses joies et ses drames, Hélène de Monferrand  nous montre qu’il n’est pas, pour autant, différent des autres amours. Elle nous parle aussi de la complicité, de l’amitié et de la solidarité qui existent entre ces femmes, qui restent très soudées même quand leurs trajectoires personnelles et professionnelles s’écartent.

« Mais si toi les hommes ne t’attirent pas ? Après tout, c’est ce que tu dis et c’est ton droit.» nous dit Claire, amie hétérosexuelle d’Héloïse et c’est là tout le message de ce roman : le droit à la liberté d’aimer qui l’on désire.

J.D et A.G.

Ces vies qui valent la peine d’être racontées…

De l’enfer d’Auschwitz à la vie politique, Simon Veil raconte son Histoire émouvante et remarquable dans son œuvre Une Vie.

 

« Je peux oublier beaucoup de choses mais pas ces dates. Elles demeurent attachées à mon être le plus profond, comme le tatouage du numéro 78651 sur la peau de mon bras gauche. A tout jamais, elles sont les traces indélébiles de ce que j’ai vécu. »

Simone Veil

Simon Veil vient d’une famille cultivée et heureuse comme elle le souligne dès la seconde ligne de son récit. Née en 1927 à Nice, elle est la dernière d’une famille de quatre enfants. Pendant l’occupation allemande, elle est arrêtée par deux SS qui la feront déporter dans les camps d’extermination d’Auschwitz Birkenau le 13 avril 1944. Par chance, elle est sauvée par l’arrivée des alliés le 15 avril 1945, elle y sera restée une année presque jour pour jour. Cette période terrible et extrêmement douloureuse de sa vie la changera à tout jamais.

Elle décidera d’en parler plus tard, notamment dans son roman autobiographique Une Vie où elle raconte cet épisode marquant, avec le recul et la sagesse qu’elle a acquis tout au long de son existence. Il s’agit d’un véritable témoignage poignant sur l’histoire du génocide des juifs qui a aussi pour but de ne pas oublier les atrocités qui ont été commises.

Dans cet ouvrage, elle relate par ailleurs sa vie après les épisodes tragiques de la guerre. On y découvre alors une femme combattante et engagée. Cette femme ne s’est pas renfermée dans son passé, elle s’est au fur et à mesure reconstruite notamment avec la rencontre de son futur mari Antoine Veil avec qui elle fonde une famille de trois enfants.

Cette femme passe par de nombreux postes à hautes responsabilités tout au long de sa carrière professionnelle dans lesquelles elle combattra pour ses idées. Elle commence par des postes dans l’administration pénitentiaire. En 1974, elle rejoint le gouvernement de Valery Giscard D’Estaing en prenant la place de ministre de la santé. C’est à cette place qu’elle défend pour la loi sur l’IVG*, qui dépénalise l’avortement. Cette loi fait polémique au sein du parlement, elle est fortement rejetée par l’extrême droite, mais elle arrivera tout de même à la faire instaurer. Ce combat est longuement relaté dans son autobiographie car il représente une partie importante de sa vie. Militante européenne convaincue, elle devient la première femme accédant au poste de présidente du Parlement européen de Strasbourg et rejoint par la suite le ministère des Affaires sociales et de la ville du gouvernement Balladur.

Puis elle siège au conseil constitutionnel jusqu’en 1997. Madame Veil s’est occupée d’associations à vocation européenne et fut la présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Aujourd’hui, Simone Veil s’est retirée de la vie politique, pour se consacrer à sa vie privée.

*IVG : interruption volontaire de grossesse.

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Simon Veil a la tribune de l’assemblé nationale en 1974 pendant un débat sur la loi d’avortement.

Au delà du devoir de mémoire, déjà évoqué, ce qui frappe d’emblée dans cette autobiographie c’est que Simone Veil est une femme exceptionnelle et ayant vécu une histoire hors du commun. Elle représente aussi toute une génération de femmes, intellectuelles et engagées pour leur pays après la guerre. C’est donc un livre écrit d’une belle plume, assez touchant et très facile à lire !

R.B. et F.D.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le travestissement… une contrainte devenant addiction !

Mauvais Genre raconte l’histoire de Paul, un jeune homme, durant les Années Folles de Paris. C’est un homme heureux et amoureux qui va soudainement sombrer dans le travestisme, le proxénétisme et la folie. Comment en est-il arrivé là ? Nous retraçons toute son histoire pour mieux comprendre cette vie pleine de surprises et de retournements…

 

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Paul et Louise se rencontrent juste avant l’éclatement de la première guerre mondiale. Ils se marient mais Paul doit rejoindre le front en 1914. Durant quelques pages, on assiste à l’horreur, les conditions horribles et le traumatisme que les soldats peuvent subir pendant la guerre. Par exemple, Paul voit un ami mourir devant lui, de quoi en traumatiser plus d’un. Paul est prêt à tout pour s’échapper de cet enfer. Il devient alors déserteur et rejoint sa femme à Paris. Cependant, il est condamné à rester enfermé dans une chambre d’hôtel. Un jour, son envie de sortir pour acheter une bouteille de vin est tellement forte, qu’il décide de cacher son identité en s’habillant d’une robe. La jouissance et le bien-être de Paul dans ce nouveau corps est telle qu’il n’arrivera plus à le quitter..

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Dans un premier temps, le travestissement de Paul est un geste de circonstance et est contraint par la situation. Il doit absolument le faire pour se libérer de sa prison. Sa démarche et ses attitudes sont encore masculines. Petit à petit, il se prête au jeu au point de se prendre réellement pour Suzanne. Il s’épile définitivement la barbe, il apprend à parler délicatement, à se maquiller, coiffer, etc.… Si bien qu’il finit par être embauché comme couturière, sans que jamais ses collègues de travail (puis bonnes amies), son patron (qui va jusqu’à la draguer) et ses voisins ne remettent en question son genre. Pour tout le monde Suzanne est belle et bien une femme. Suzanne fascine, elle est drôle,  séductrice, elle ose tout, quitte à faire de l’ombre à une Louise qui a bien du mal à accepter la soudaine popularité de son mari…

Paul se prend au jeu… et ne joue plus du tout. Il ne devient pas Suzanne, il est Suzanne. Aux yeux de tous et même dans l’intimité de la chambre où il garde la nuisette pour se coucher auprès de Louise. Il va finir par passer ces nuits au bois de Boulogne où il fera des rencontres qui bouleverseront profondément sa vie et mettront en péril son couple…

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L’intrigue nous révèle plus tard qu’il devient même jaloux de Louise (« Je ne te fais pas envie, tu as envie d’être moi, c’est pas pareil » ) car, elle, est une “vraie” femme . C’est donc toute la question des identités sexuelles qui est ainsi explorée. L’auteur de la bande dessinée propose ici une réflexion sur l’identité sexuelle et sur la notion de genre : on n’est pas tout garçon ou tout fille, les deux genres peuvent cohabiter et fusionner au sein d’une même identité et personnalité.

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La dessinatrice Chloé Cruchaudet nous propose des traits fins et expressifs.  Au moindre coup d’œil, on reconnaît chaque sentiment des personnages. Par ailleurs, les cadres permettant de séparer chaque vignette ne sont pas figurés. Cela apporte du dynamisme et une lecture parfaite des pages. Le dessin semble alors vivant voire palpable. Les dessins sont dans ce livre, presque entièrement en noir et en blanc. Nous permettant, à nous lecteur, de rentrer dans l’univers historique du début  du 20e siècle.  Les couleurs sont très sobres et nuancées, elles engendrent aussi dès le début de la lecture un climat « froid ». L’utilisation de ces couleurs accentue l’atrocité dans certaines scènes. Par exemple, lorsque Paul se retrouve dans les tranchées. La couleur de fond n’est plus le blanc mais le noir, mettant en avant l’atmosphère lugubre et la barbarie de la guerre.  Il y a cependant une seule couleur qui est parfois présente : le rouge.  Au début elle permet de représenter la monstruosité de la guerre (sang)  puis la féminité de Louise (jupe). On peut notamment observer que Paul porte des vêtements de couleurs vives, détonnant avec des couleurs plus austères qu’il portait avant sa transformation.  Au fur et à mesure du récit, Louise ne porte plus de rouge. C’est Paul/Suzanne qui est représenté par cette couleur.

Mais ces dix années d’euphorie prennent fin, avec l’amnistie pour les déserteurs et la réapparition de Paul. Un retour qui signe le début de sa « dégradation ». Alors qu’il n’a plus de raison de le faire, Paul a un besoin vital de redevenir Suzanne : il se produit en spectacle en mélangeant les deux personnalités, il porte des vêtements féminins lorsqu’il est en homme, mais surtout il rêve et a des visions de Suzanne la nuit et le jour. Ajouté au traumatisme de la guerre, cette dualité le poussera jusqu’à la folie.

     Pour finir, nous conseillons cette bande dessinée facile de lecture, qui nous fait revivre l’atrocité de la guerre et les Années Folles de Paris. Un grand dynamisme tout au long du récit qui nous plonge dans cet étrange période des Années Folles. Le style direct et prosaïque de l’auteur stimulent notre surprise, angoisse et parfois même donne des frissons. Une grande richesse artistique également au niveau des vignettes, avec l’utilisation de couleurs sombres qui contrastent avec le rouge vif.  Tout au long de cette histoire, les événements s’enchaînent, permettant d’éviter d’éprouver de l’ennui. Nous rentrons dans l’histoire et on a du mal à s’en détacher.

V.P et S. Z.

Le chœur des femmes : une réflexion sur les femmes et la médecine

Le chœur des femmes écrit par Martin Winkler de son vrai nom Marc Zaffran peut être considéré comme un roman engagé mais également comme un véritable roman d’apprentissage. Martin Winkler est un romancier, essayiste et médecin qui évoque souvent le système médical français.

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Une étudiante en médecine, talentueuse, est contrainte à exercer dans une minuscule et misérable unité destinée à « tenir les mains des patientes ».Jean Atwood est interne des hôpitaux en médecine. Elle est major de sa promo. Elle se consacre à la chirurgie gynécologique. Selon la description initiale du livre, Jean Atwood est jeune et volontaire. Selon sa pensée, elle représente l’incarnation même du docteur « parfait », genre docteur Je-sais-tout. Sauf qu’avant d’obtenir le poste de chef de clinique en chirurgie gynécologique de ses rêves, le « futur professeur Atwood » doit passer son dernier semestre d’internat dans un service consacré à la « Médecine de la femme ».Franz Karma, lui ne représente pas le même type de personnage que Jean Atwood. La santé des femmes le passionne depuis trente ans. Il est l’incarnation même du soignant patient et modeste contrairement au médecin plus jeune. L’écoute, l’intérêt et l’échange sont ses principales valeurs.

Franz Karma et Jean Atwood travaillent dans la fameuse « unité 77 ». Il n’existe pas d’unité commune avec celui-là. Avant l’arrivée de Jean Atwood, le seul médecin était Karma. Ce n’est donc pas une grosse unité. Elle n’est composée que de quelques personnes (infirmières, aides-soignantes, secrétaire…). Cependant nous pouvons constater que la hiérarchie n’est pas très respectée dans ce lieu. Chaque membre du personnel l’appelle par son prénom par exemple. Cela montre un sentiment de familiarité avec le médecin. Cette unité 77 n’est centrée que sur les femmes. Franz Karma n’accueille que les femmes exclues de la société ou par les gynécologues (immigrantes, femmes violée…) Des femmes également hormis les exclues se font opérer de manière illégale comme certaines qui demandent une stérilisation, car elles ne veulent plus avoir d’enfants. Il peut pratiquer également des IVG.  Parfois, ces femmes veulent se faire soigner juste moralement, psychologiquement. Elles veulent juste parler : « De leurs règles, de leurs dépressions, de leurs enfants, de leurs parents, de leur boulot, de leur libido, de leur désir ou de leur peur d’être enceinte, et toutes, sans exception, des mecs. ».

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En lisant ce livre,nous avons pu remarquer et établir une liaison avec l’exposition d’Hélène Le Ny. Quoique raconté à la première personne par l’interne « novice » qui arrive à l’unité 77, les descriptions de chaque personnage sont précises, chaque portrait est dressé comme nous avons pu lire et regarder les portraits de ces femmes scientifiques. De plus, chaque personne prend la parole à un moment ou un autre pour parler de ses problèmes, de sa vie … Des dizaines de voies de femmes désespérées nous interpellent dans ce roman. On dévore les pages, chaque portrait, chaque description, chaque péripétie rende le roman d’autant plus attirant. La langue, les discours donc en conclusion l’oralité sont des éléments vitaux de ce livre. La prose fait passer les personnages mais également le lecteur dans des multitudes d’émotions. De plus, le roman est écrit à la première personne du singulier permettant de donner une illusion de réel aux faits racontés mais aussi permettant de mieux connaître les différentes émotions de Jean Atwood qui est un personnage singulier qu’on apprend aussi à connaitre

Ce livre pourrait être intéressant pour des étudiants qui se dirigeraient vers des études de médecine. En effet, ce livre nous apprend des nouveaux domaines de la médecine et nous permet d’en savoir plus sur le quotidien des médecins.

Selon nous, avec ce livre, Martin Winkler a de nombreux buts : combattre « l’ar­chaïsme » et la « misogynie »  de la médecine comparant le médecin a une personne supérieure, indétrônable, sur-intelligent et invulnérable.La présence du discours direct et de la première personne du singulier permet voir le roman comme un roman d’initiation. Il initie Jean Atwood et peut être le lecteur à l’éthique des soignants.

S.J. et M.B.

 

 

Mme Du Chatelet ou l’une des premières femmes scientifiques

 

Trouvaille et extraordinaire récit sur une femme particulièrement maligne du XVIIème siècle !

« Sois belle et tais toi »

Les femmes ont très longtemps été privées d’une multitude de droits, cependant cela ne les a pas empêchées de n’en faire qu’à leur tête ! Et fort heureusement nous direz-vous ! Autrement où en serait le monde aujourd’hui ?

Bien sûr au XVIIème siècle ce n’était pas la majorité. En effet privée du droit d’apprendre, seule une petite minorité de femmes particulièrement brillantes, tenaces et particulièrement curieuses et surtout issues des milieux favorisés a pu se consacrer à l’étude des sciences. Alors n’étant pas admises dans les universités, ces femmes prenaient des cours particuliers ou alors en apprenait par elles mêmes. D’ailleurs ces astronomes, mathématiciennes, physiciennes, chimistes ont fait de grandes découvertes mais certaines sont passées quasiment inaperçue au cours de l’Histoire. Certaines, d’ailleurs à l’origine d’avancées considérables, ont œuvré dans l’ombre d’un frère, d’un mari, comme Marie Curie… et c’est le nom de ce dernier qui est devenu célèbre.

Il ne faut cependant pas oublier que ce droit à l’éducation reste quand même réservé aux plus privilégiés. La plupart du temps, pour les hommes, plus les femmes sont spirituelles et cultivées, plus elles sont dangereuses : ils se méfient de leur curiosité. Elles apprenaient en partie à devenir une mère et une épouse modèle, elles recevaient un enseignement domestique : il s’agissait d’apprendre des choses pratiques, comme filer, coudre, connaître les soins, l’hygiène, pour pouvoir plus tard servir leur mari et leur famille. En fait, elles recevaient une éducation restreinte, dans le seul but d’être au service de leur famille.

Et parmi les exceptions à ces règles de société, il a existé au XVII  siècle une femme particulière. Elle a réussi à séduire Voltaire ! Elle s’appelle Madame du Châtelet. Vous la connaissez ? Non ?! Et bien nous allons éclairer votre lanterne !

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Madame du Châtelet, alias Madame Voltaire

Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet, plus connue sous le nom d’Émilie du Châtelet ou bien Madame Voltaire est née à Paris en 1706 et morte à Lunéville en 1749. Fille du Daron de Breteuil celle ci appartient à la riche noblesse des robes. C’est une mathématicienne, femme de lettres et physicienne française. Elle est essentiellement connue pour avoir traduit du latin au français « Les principes mathématiques et de la philosophie naturelles » du scientifique  Newton mais également pour avoir été la maîtresse du philosophe Voltaire.   Contrairement à d’autres hommes, celui-ci va l’encourager à s’engager dans les sciences et les mathématiques. En effet, à cause de son statut de femme savante elle sera très mal vue des autres Dames de la Cour mais aussi de la plupart des hommes.

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Ouvrage de Madame Voltaire reposant sur les principes mathématiques de la philosophie naturelle

Par ailleurs, si vous voulez connaître dans les détails sur Madame de Voltaire, au lieu d’aller lire un quelconque article sur Wikipédia, chers lecteurs, et tomber d’ennui, nous vous recommandons très fortement d’aller lire sa biographie romancée intitulée « Madame Voltaire «  publié par le journaliste Gilbert Mercier en avril 2001.

Celle-ci relate avec légèreté ainsi qu’avec un brin d’humour la vie « La divine Émilie ». Vous en saurez alors plus sur Madame du Châtelet mais pas seulement ! Vous entrerez dans son intimité, apprendrez les différentes facettes de tout son entourage, dont notamment son plus grand amour qui n’est autre que le philosophe Voltaire.

Nous vous souhaitons donc une bonne lecture !

Autrement, si la lecture n’est pas du tout à votre goût, vous pouvez très bien voir la pièce de théâtre: « Les femmes de génie sont rares ? », d’Anne Rougée  que nous avons pu voir au lycée .

Source de la première de couverture du livre traduit : http://camillesourget.com/wp-content/uploads/2013/12/Du-Chatelet_titre.jpg

D.K. et P.S.

« Le monde d’Aïcha » ou une réflexion sur les droits de la femme au Yémen

« Nous sommes tous, les hommes comme les femmes, prisonniers d’un cercle tribal, qui se nourrit de pauvreté et d’ignorance, qui fait peur. C’est là mon pays, archaïque, abimé et magnifique« . Aïcha.

Dans cette bande-dessinée, le dessinateur Ugo Bertotti met en scène les femmes qui ont accepté de partager l’intimité de leur foyer. Ces récits témoignent de la condition des femmes de nos jours au Yémen.                        .

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A travers des dessins sobres et réalistes en noir et blanc, Ugo Bertotti ancre le caractère grave de la situation de ces femmes yéménites qui tentent de survivre dans un monde misogyne : elles ne possèdent aucun droit et sont soumises aux  désirs de leur mari, qui a un droit de vie de mort sur elles. Les jeux d’ombres et de lumière rendent plus frappante la profondeur des récits. De plus, le mélange de dessins et de photographies fonctionne parfaitement et rappelle qu’il s’agit de la réalité.                      .
Nous découvrons notamment la lutte  et le destin tragique de Sabiha mariée à 11 ans et condamnée à mort par son mari. Le dessinateur nous fait part d’un univers révoltant animé des violences subies par les femmes yéménites et du poids parfois accablant de la coutume du niqab, un voile couvrant tout le visage à l’exception des yeux (95% des femmes le portent). Ainsi ces femmes ont voulu transmettre leur parole à une personne dénuée de préjugés afin de faire progresser l’opinion sur cette cause.

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Mais dans ce monde inconnu dans lequel les femmes sont rabaissées, certaines ont gardé espoir et continuent de se battre pour leurs droits dans la nouvelle génération comme Aïcha qui tente de rompre avec les diktats de la loi islamique pour avancer vers une nouvelle société.
Un magnifique ouvrage qui a permis d’ouvrir les yeux sur les supplices qu’endurent les femmes yéménites. Celles-ci ont pris le risque de raconter leur histoire, comme Sabiha (image de gauche) dans ce moment marquant de sa vie où elle a osé se montrer sans son niqab contre la volonté de son mari.

L. B. et L. M.

Je veux être sculptrice !

En France, entre le XIXème et le XXème siècle, il est difficile pour les femmes de se faire une place dans la société, de travailler et encore plus d’être artiste. Pourtant l’une d’entre elles, Camille Claudel, y est parvenue …

Connaissez-vous Camille Claudel ? Sa vie est racontée dans la biographie Une Femme d’Anne Delbée. Mais avant tout, voici une présentation de l’auteur et de l’artiste en quelques lignes.

 

Camille_ClaudelCamille Claudel en 1884.

Anne Delbée est née en 1946. C’est une comédienne française, metteur en scène, ainsi qu’auteur de nombreux romans tels que Danse en 1999, ou encore Une Femme en 1973. Elle a également signé une cinquantaine de spectacles et d’opéras. On retiendra La Traviata de Verdi et Phèdre de Racine. En 1983, le prix des lectrices de Elle lui est accordé pour son ouvrage sur  Camille Claudel.

A la fin du XIXème siècle, qu’une jeune fille de 17 ans soit sculpteur est inconvenable, voire scandaleux car les femmes n’étaient pas destinées à travailler et encore moins à devenir artiste. Or, bien qu’issue d’une famille modeste et sans avoir fait d’études, Camille Claudel se lance dans l’aventure à corps perdu et rencontre en 1883 Auguste Rodin. Le célèbre sculpteur accepte de la prendre comme élève et une liaison passionnée se crée, fruit de cette rencontre. Cette liaison durera 15 ans, mais devient difficile, si bien que Camille en sortira épuisée et vaincue. Elle mourra en 1943 à l’asile de Montdevergues où elle était internée depuis 30 ans suite à des problèmes mentaux.

Le récit Une femme raconte le parcours sinueux d’une jeune femme artiste de génie, rejetée par sa mère ainsi que par une société discriminant la Femme. Anne Delbée nous fait comprendre la difficulté d’être femme au XIXème siècle, en rapportant la difficulté de Camille Claudel de se faire une place dans cette société où elle n’avait que peu de liberté. Cet ouvrage ainsi est une étude de la société de cette époque, mais également une étude de la vie de cette grande artiste et de ses œuvres, souvent en lien avec les évènements qu’elle traverse. Ce livre contient des extraits de lettres écrites par Camille Claudel lors de son enfermement, où elle implore son frère, l’écrivain et dramaturge Paul Claudel, de la sortir de cet enfer. Le narrateur de ce roman est omniscient ce qui nous permet d’être immergé dans les pensées des personnages et ainsi de suivre leurs sentiments les plus profonds, éléments clefs tous au long de la vie tumultueuse de Camille.

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La Vague, Camille Claudel, 1897.

Cet ouvrage est un hommage à Camille Claudel. Nous conseillons ce livre aux lecteurs intéressés par l’histoire de la place de la femme dans la société et par l’art, qui pourront apprécier toute la sensibilité de ce livre retraçant la douloureuse vie de l’artiste. De la rupture familiale avec sa mère, jusqu’à la rupture amoureuse avec Rodin, ce livre bouleversant empli d’émotions, de déchirements et de passion nous transporte dans une autre époque aux cotés d’une artiste sans cesse refoulée de la société à cause de son statut de Femme.

 A.Q. et K.R.

Quizz : Connaissez-vous l’histoire de l’évolution de la condition féminine en quelques dates essentielles ?

A partir du XVIIIème siècle et aux cours des derniers siècles, des femmes et des hommes se sont battus pour l’amélioration et l’extension des rôles et des droits de la femme dans la société. Des dates importantes marquent des lois et des avancées en faveur de l’égalité des femmes et des hommes en France.

“C’est par le travail que la femme a en grande partie franchi la distance qui la séparait du mâle ; c’est le travail qui peut seul  lui garantir une liberté concrète”, Simone de Beauvoir.

Testez-vous pour savoir ce que vous connaissez en matière d’égalité entre hommes et femmes ! Ce quizz va vous permettre de mieux comprendre comment les dispositions prises en faveur de l’égalité des femmes et des hommes ont évolué au cours des siècles.

Evénements clés de l’évolution de la condition des femmes

Premièrement nous nous intéresserons à différentes modifications apportées dans les textes de loi. Il s’agit donc, de  loi amenant à de nouveaux droits :

  1. En quelle année les programmes de l’enseignement secondaire ainsi que le baccalauréat sont-ils devenus identiques pour les filles et les garçons ?
  2. De quelle année date l’ordonnance accordant le droit de vote et l’éligibilité aux femmes ?
  3. Quel principe fut inscrit en 1946 dans le préambule de la constitution ?
  4. Quelle est le nom de la loi de 1967 autorisant la prise de contraceptifs ?
  5. En quelle année le « principe » de l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes est-il inscrit dans la loi ?
  6. Quand la loi autorisant l’IVG a-t-elle été votée ? Qui est à l’origine de cette loi ?
  7. Qui a écrit la loi pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes qui travaillent en entreprise ?
  8. En quelle année a été créé l’observatoire de la parité entre les femmes et les hommes ? Et quellle en est son utilité ?
  9. En quelle année la loi sur l’égalité salariale entre les femmes et les hommes a-t-elle été votée ?

Concentrons-nous maintenant sur les premières femmes, les pionnières…

  1. Qui fut la première bachelière ? Quand a-t-elle obtenu son baccalauréat ?
  2. En quelle année la première sous-secrétaire d’Etat fut-elle nommée ?
  3. Qui fut la première femme nommée ministre ? Quand fut-elle nommée ?
  4. Qui est l’auteur de la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ?
  5. Qui est Valentina Terechkova ? Qu’a-t-elle accompli ?
  6. Qui a été la première femme élue à l’Académie française en 1980 ?
  7. En quelle année la première femme a traversé l’océan Atlantiqueen avion ?

 

Le saviez-vous ?

 

Rosa Parks, Simone Veil, Marie Curie et bien d’autres encore ont un point en commun. Ces femmes célèbres, parfois très jeunes, ont toutes fait preuve de courage, de ténacité et d’audace pour mener à bien leur mission.

Rosa Parks était une femme battante qui a combattu pour l’égalité et la paix. Elle s’est engagée dans une lutte, celle des afro-américains pour mettre fin à la ségrégation.  Simone Veil était une politicienne militante. Elle a œuvré pour la condition féminine notamment grâce la loi Veil en autorisant l’avortement volontaire de grossesse lorsqu’elle était ministre de la santé en 1975. Enfin, Marie Curie, certainement l’une des savantes physiciennes la plus célèbre. Elle a notamment été reconnue pour son travail effectué avec son mari pour leurs recherches sur la radioactivité.

Aux cours des siècles le combat d’hommes et de femmes ont permis des améliorations en matière d’égalité entre les hommes et les femmes. Aujourd’hui encore, des femmes et des organisations se battent pour que toutes les femmes accèdent aux droits fondamentaux (éducation, protection…) auxquelles elles devraient avoir accès mais qui leurs sont encore trop souvent refusés dans certains pays. L’ONU pour les femmes milite en ce sens. Et aujourd’hui, de jeunes femmes comme la nouvelle ambassadrice des Nations Unies pour les femmes, Emma Watson se bat pour la parité entre femmes et hommes (campagne heforshe).

Réponses au quizz sur la chronologie des évènements :

Premièrement nous nous intéresserons à différentes modifications apportées dans les textes de loi.

  1. C’est durant l’année 1924 que les programmes de l’enseignement secondaire ainsi que le baccalauréat sont devenus identiques pour les filles et les garçons (décret du 25 mars).
  2. L’ordonnance du 21 avril 1944 prise par le gouvernement provisoire du général de Gaulleà Alger stipule que « les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». Les Françaises votent pour la première fois le 29 avril 1945, à l’occasion des élections municipales.
  3. Le principe qui fut inscrit en 1946 dans le préambule de la constitution est celui de l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines.
  4. La loi Neuwirth (nommée d’après Lucien Neuwirth) du 28 décembre 1967 autorise l’usage des contraceptifs.
  5. C’est par la loi du 22 décembre 1972 que le principe de l’égale rémunération des femmes et des hommes a été inscrit. Depuis ce jour, la situation des femmes sur le marché du travail s’est considérablement améliorée. Elles occupent maintenant une place proche de celles des hommes même si un écart subsiste encore.
  6. La loi autorisant l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) a été votée le 17 janvier 1975. Elle a été présentée par la ministre de la santé, Simone Veil. C’est ainsi que la loi est plus communément appelée « la loi Veil » en hommage à Simone Veil.
  7. Yvette Roudy, ministre des droits de la femme, écrit la loi pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes qui travaillent en entreprise durant l’année 1983.
  8. L’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes (OPFH) a été créé en 1995. Ce service assure une fonction d’expertise et d’évaluation des politiques publiques visant à favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes dans les domaines politiques, économiques et sociaux.
  9. La loi sur l’égalité salariale entre les femmes et les hommes a été votée le 23 mars 2006. Elle a pour objectifs d’aboutir à la suppression des écarts de rémunération entre les hommes et les femmes, de concilier vie professionnelle et vie familiale et aussi d’accélérer l’accès des femmes et des jeunes filles à la formation professionnelle et à l’apprentissage

 

Intéressons-nous maintenant aux pionnières…

  1. Julie-Victoire Daubié est la première femme française ayant obtenu le droit de se présenter au baccalauréat à Lyon en 1861, et la première à l’obtenir le 17 août 1861.
  2. En 1936, la première femme sous-secrétaires d’Etat était nommée. Il s’agit plus précisément de trois femmes. En effet, durant la troisième République, dans le premier gouvernement de Léon Blum, trois femmes sont sous-secrétaires d’Etat : Cécile Brunschvicg, Suzanne Lacore et Irène Joliot-Curie.
  3. Édith Cresson, premier ministre de François Mitterrand de 1991à 1992, est à ce jour la seule femme à avoir accédé à ce poste en France.
  4. La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est un texte juridique français, exigeant la pleine assimilation légale, politique et sociale des femmes, rédigé en septembre 1791, par l’écrivaine Olympe de Gouges sur le modèle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
  5. Le 16 juin 1963, la Soviétique Valentina Terechkova est devenue la première femme à effectuer un vol dans l’espace.
  6. La présence de femmes à l’Académie française est récente. L’Académie, fondée en 1635 par le cardinal de Richelieu ne voit entrer une femme dans ses murs qu’en 1980, avec l’écrivain Marguerite Yourcenar.

Amelia Earhart est une aviatrice américaine. Elle est célèbre notamment pour avoir été, en juin 1928, la première femme à traverser l’océan Atlantique en avion.

F.T. et T.J.

 

Satrapi pour la Femme iranienne dans Persépolis

Dans plusieurs pays, les femmes sont peu considérées. Ainsi, étant née et ayant vécu en Iran durant la majeure partie de son enfance, Marjane Satrapi nous propose un témoignage autobiographique engagé de la conditiondesFemmes dans la société iranienne dans Persépolis (en français « le trône de Jamshid » était une capitale de l’empire perse achéménide), son recueil de bandes dessinées.

« Reste toujours digne et intègre-toi à toi-même ». Ainsi sont les propos de la grand-mère de Marjane Satrapi, une personne qui lui est très chère. Ces propos resteront gravés à jamais dans la mémoire de Marjane Satrapi, pour éviter de tomber dans quelconque vengeance envers les « cons de la vie », une autre expression de sa grand-mère.

Persépolis dévoile donc l’enfance de l’auteure de sa naissance, en novembre 1969, jusqu’en septembre 1994, jour de son départ de l’Iran pour la France, alors âgée de 24 ans. Cette période de sa vie est divisée en quatre volumes au travers desquels Marjane Satrapi relate ses expériences marquantes vécues en Iran à cette époque, sous un gouvernement islamiste, et un pays en guerre. Elle y développe différents points de vue à travers les âges. En effet, alors jeune fille, elle est soumise au port du voile, puis à des révolutions, des décès de proches fusillés… Satrapi développe son avis sur ces évènements survenant même à l’école. La jeune Iranienne ne se soucie plus des martyrs morts pour l’Iran qu’ils doivent honorer chaque jour en se frappant le torse.

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Puis à l’âge de 14 ans elle s’intéresse secrètement à la mode et la culture anglaise et américaine, interdite par le régime contemporain, puisque les femmes ne devaient porter que le voile et aucun autre accessoire, qui est devenue obligatoire en 1980 après la révolution iranienne.

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De plus, à l’école, elle va jusqu’à contredire les propos islamistes et intégristes de l’enseignante. Déjà jeune, elle entretient un esprit de rébellion face à la condition féminine iranienne et à l’intégrismereligieux.

Elle vécut dans la peur de la mort lorsque l’Iran et l’Irak entrent en guerre. Alors, nombre de bâtiments sont détruits et d’Iraniens sont tués. Ses parents décident donc de l’envoyer en Autriche, à Vienne, pour poursuivre ses études dans un lycée français. Une fois en Europe, elle constate alors le contraste culturel entre les deux pays et jouit alors des libertés autrichiennes. Elle tente de s’intégrer à cette nouvelle vie. Elle est renvoyée de la pension dans laquelle elle est placée après avoir insultée une mère supérieure, en réponse à une insulte de cette dernière sur les iraniennes.Elle parvient finalement à s’intégrer dans le lycée français malgré le fossé culturel entre elle et ses amis. Cependant, après une rupture sentimentale avec un autrichien, une consommation excessive de drogue et une solitude amicale, Satrapi vit en ermite dans la nature pendant trois mois. Elle oublie totalement qui elle est, elle perd sa dignité du fait qu’elle est rejetée de toutes parts, en partie à cause de sa nationalité. Abattue des évènements, elle rentre alors en Iran, même si elle laisse en Autriche ses libertés individuelles.

A son arrivée à Téhéran, en Iran, elle constate les conséquences de la guerre : les rues portent des noms de martyrs, et les affiches font l’éloge de ces derniers. De plus, Marjane Satrapi pensait trouver du réconfort et recommencer une nouvelle vie mais elle ne cesse de penser à ce qu’elle a enduré en Autriche. Elle devint alors dépressive, jusqu’à faire une tentative de suicide en ingérant une forte dose de médicaments. Malgré la très forte dose ingérée, elle survit à cette tentative, consciente que, visiblement, elle n’est pas prête à mourir. Elle décide alors de prendre sa vie en main, et reprend alors son statut de femme en rébellion avec les obligations du régime. Elle fait la connaissance de Réza, qui deviendra son futur mari. Après réussite du concours national, elle accède à une faculté d’arts graphiques. Et, encore elle s’oppose aux propos des gérants de l’université, qui revendiquent des tenues plus longues pour les femmes pour mieux les cacher, ce qui la gêne dans son travail d’artiste. Elle ne fut pas renvoyée, puisque fermement attachée à ses convictions personnelles, elle est chargée par la commission islamique de définir un vêtement idéal pour les artistes comme elle. Malgré cela, leurs modèles artistiques sont eux entièrement vêtus, rendant absurde toute forme de représentation picturale. Elle est par la suite victime de nombre de situations grotesques de ce genre.

Elle s’engage enfin dans une lutte discrète contre le régime : elle montre ses cheveux et se maquille, signifiant des actes de rébellion car au lieu de vérifier si leur tenue était réglementaire, elles retrouvaient leur capacité de réflexion politique. Peu à peu, nombre d’élèves prirent part à cette lutte secrète : il s’organisait des fêtes secrètes tous les soirs jusqu’à ce qu’ils soient arrêtés par des gardiens de la révolution.

Son mariage avec Réza engendre une relation de couple qui se dégradait : Marjane se sentit en désaccord avec ses convictions de femme libre et ils vivaient séparément.

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Poussée par ses parents, elle devient une femme instruite, et, après un projet de parc d’attraction rejeté du fait qu’il s’agissait de créer des symboles religieux, Marjane Satrapi devient illustratrice dans un magazine, grâce à sa carrière artistique, et jouit alors de la liberté d’expression. Cette dernière ne dure pas longtemps puisque la presse fut surveillée par le gouvernement. En rencontrant une victime de cette surveillance, elle constate encore une fois que la femme est peu considérée comparée à l’homme. Enfin, après s’être séparée de Réza, elle décide de partie pour la France. Cependant, cette fois, le départ est différent puisqu’il n’y avait plus la guerre, elle repart libre, avec ses opinions personnelles de femme libre.

En grandissant, Marjane Satrapi s’affirme peu à peu en tant que femme iranienne s’opposant au régime, même si elle perd confiance en elle, notamment à son retour d’Autriche, où elle vécut une période difficile au milieu d’européens. Elle arrive alors à retrouver sa dignité et sa fierté d’être iranienne, toujours en opposition avec le régime islamiste d’Iran. Elle s’est secrètement battue pour être mieux considérée dans un pays où les femmes ont peu de liberté. Qu’en est-il aujourd’hui ?

En 2007, la bande-dessinée de Marjane Satrapi est adaptée au cinéma par son auteur elle-même avec l’aide de Vincent Paronnaud et de toute une équipe d’animation. Prix du jury au festival de Cannes 2007, le film d’animation Persepolis permet d’entrer dans l’intériorité d’une adolescente iranienne.

J.L et A. A.

Le combat d’une femme

 

Roman de Gilbert Schlogel, Victoire ou la douleur des femmes retrace l’histoire deux combats toujours d’actualités : la contraception et l’avortement.

Vous êtes-vous déjà demandé comment et à quel moment les moyens de contraception ont été légalisés ? L’IVG a t-il toujours été légal ? La pilule, l’IVG ainsi que la fondation du Planning familial dépendent de trois générations de femmes toutes éprises de liberté.

couverture

Victoire Dambreville est une jeune normande de vingt ans, qui, en 1939, après être mise enceinte par son amour de jeunesse Arnaud, est emmenée de force par sa mère chez une « faiseuse d’anges ». Mais l’avortement échoue et Victoire humiliée s’enfuit avec son enfant à Paris. Pendant cette dure période de l’Occupation, la jeune femme est confrontée à la honte et aux regards des autres par rapport à son statut de fille-mère. Victoire devient alors très féministe et décide de consacrer sa vie à lutter pour les droits des femmes. Ouvrant son cabinet de gynécologue à l’époque ou l’avortement et la contraception étaient mal vus et illégal. Elle reçoit des «tricoteuses», des jeunes femmes qui, en essayant de retirer leurs fœtus à l’aide d’aiguilles, de bouts de bois ou encore d’injection d’eau savonneuse, ont déclenché diverses problèmes graves tels que des hémorragies voire la mort. Victoire décide donc de prendre les choses en main et se lance dans la bataille de la légalisation de l’avortement. Risquant même l’emprisonnement, elle participe à la fondation de la Maternité heureuse, qui deviendra le mouvement français pour le Planning familial d’aujourd’hui, et suit les débats à l’Assemblée nationale sur la légalisation de la contraception (loi Neuwirth en 1967) et celle qui autorise l’avortement (loi Veil en 1975).

Ce roman retrace donc l’évolution de la condition des femmes entre1940 et 1980. En effet, c’est l’évolution des mentalités et des mœurs qui sont ici mis en évidence. Grâce aux femmes comme Victoire Dambreville, l’avortement et la contraction ne sont plus des sujets tabous.

A noter que ce roman étant un best-seller a également été réadapté par la réalisatrice Nadine Trintignant en 1999 en un téléfilm de trois parties, avec l’actrice Marie Trintignant dans le rôle de Victoire, et a été très apprécié par le public.

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Affiche du film Victoire ou douleur des femmes, 1999

Ce livre nous a également beaucoup plus, il fait réfléchir sur la condition des femmes à l’époque et nous fait réaliser que les choses n’ont pas toujours été ainsi. Victoire Dambreville était une de ces femmes battante sans qui les choses n’auraient jamais pu évoluer. De plus, ce roman nous fait réaliser que les lois sur la légalisation de l’avortement sont plutôt récentes puisqu’elles datent d’il y a 40 ans environ.

A.F. et I. B.

 

 

Les femmes scientifiques débarquent au lycée

Dans son exposition Infinités Plurielles,  Madame Le Ny, photographe, s’est intéressée aux femmes scientifiques et à leur ascension professionnelle. Cette artiste a bien voulu répondre à nos questions dans le cadre du projet organisé au sein du lycée, encadré par les professeures de français et de SVT .

Issue des Beaux-Arts où elle obtient son diplôme grâce à une oeuvre photographique, Marie Hélène Le Ny se consacre entièrement à la photographie. Elle s’oriente vers un CAP  et DEA photographe, et s’ouvre à différents arts autour de la photographie tels que le son et la lumière.

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L’exposition Infinités Plurielles n’est pas son premier projet qui s’intéresse aux femmes. En effet, en 2012, Madame Le Ny travaille sur l’émancipation de la femme à travers son exposition On ne nait pas femme on le devient1 avec l’aide de 192 femmes.

Après une commande du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Marie Hélène Le Ny commence en 2013 le projet Infinités Plurielles. Un appel est alors lancé aux universités et centres de recherche et un grand nombre de femmes ont répondu présentes à l’appel, voulant faire part de leur expérience et leur carrière. Parmi ces femmes venues de la France entière, l’artiste choisit 140 femmes, toutes générations confondues.

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Le titre « infinités plurielles » fait référence aux sciences et aux femmes. Le terme « infinités » exprime le fait de voir plus loin, mais il désigne aussi l’infinité de la science et de la connaissance. Le mot « plurielles » quant à lui témoigne des nombreuses disciplines comprises dans la science, et la syllabe « Elles » à la fin du mot plurielles caractérise les femmes. « Exbibée ou interdite, manipulée et stéréotypée, l’image des femmes est souvent réifiante, voire dégradante », nous dit Madame Le Ny. Cette exposition allie différentes disciplines artistiques tels que la photographie et le son qui mettent en valeur d’une manière intéressante les femmes à travers les sciences, au lieu de les dénigrer. « Infinités Plurielles nous interroge sur la place faite à l’intelligence et aux compétences des femmes » nous confit Marie-Hélène Le Ny. Les femmes expriment leur point de vue, d’une manière parfois touchante. Elles parlent de leurs études, de leur ascension professionnelle ainsi que de leur métier, pour sortir des stéréotypes associés à la femme.

Si vous êtes intéressés par l’art, les sciences et les femmes, cette exposition est faite pour vous.

Rendez vous sur le site web mariehelene-leny.fr

« Exposition intéressante, bonne initiative des professeurs encadrants qui impliquent le lycée dans la cause féminine. » Un élève en terminale scientifique.

« Je suis féministe, et jai moi-même constaté linégalité Hommes-Femmes au sein de nombreuses entreprises. Les femmes sont peu présentes dans les sciences, cest pourquoi je favorise lenseignement scientifique dans ce lycée. » Le Proviseur du lycée

L.S. et D.S.

Olympe De Gouges ou la première féministe française

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1789, on se souvient tous de cette date comme la révolution du peuple contre l’oppression monarchique, mais qui donc se souvient de cette date comme le soulèvement d’une femmes pour l’égalité des sexes ? Son nom : Olympe De Gouges.

Découvrons plus précisément cette femme, Marie De Gouze, futur Olympe De Gouges, est née en 1748 à Montauban de l’alliance entre Anne-Olympe Mouiset et du marquis Jean Jacques Lefranc. Elle consacra sa vie entière à l’égalité des sexes 150 ans avant Simone De Beauvoir, ce qui fait d’elle, on peut le dire, la première féministe de France. Mais elle paya de sa vie son engagement : celle qui en 1791 osa écrire la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, où elle reprend le modèle de La déclaration des droits de l’homme et du citoyen pour l’appliquer aux femmes réclamant alors l’égalité juridique et sociale des femmes par rapport à l’homme, fut décapitée par la terreur en 1793 pour ses idées trop humanistes et sa critique de ce régime dictatorial.

Pourtant rien ne la prédestinait à devenir cette femme en avance sur son temps, en effet elle fut mariée à 17 ans contre son gré, mais sera veuve 1 an plus tard. Elle décidera alors de s’émanciper : elle ne se mariera plus et écrira plus tard Le mariage est le tombeau de la confiance et de l’amour où elle préférera un contrat social de l’homme et de la femme préfigurant ce qui est aujourd’hui le PACS. En arrivant à Paris en 1773 elle rêve de théâtre et sa première pièce Zamore et Mirza ou l’heureux naufrage qui dénonce l’esclavage des noirs et critique le Code noir marque le début de son engagement politique marqué par ses idées révolutionnaires mais aussi de ses déboires. En effet cette pièce sera interdite par le maire de Paris. Elle publie en 1788 dans le Journal général de la France ses Remarques patriotiques où elle établit un programme de réformes sociales très en avance sur son temps. S’en suivront alors de multiples brochures et articles où elle milite pour le droit des femmes.

Elle fait imprimer le 20 juillet 1793 des affiches intitulées Les trois urnes ou le salut de la patrie où elle réclame un référendum des Français pour choisir leur futur gouvernement, elle est alors accusée de remettre en cause le principe républicain et le 2 novembre est inculpée par le tribunal révolutionnaire et condamnée à mort. Elle s’écriera avant de mourir « Enfants de la patrie vous vengerez ma mort ». Elle a alors 45 ans.

Il existe de très nombreux ouvrages traitant de la vie de Olympe De Gouges mais nous vous conseillons, pour sortir d’une biographie traditionnelle qui peut être parfois ennuyante et abstraite, une BD éditée chez Casterman en 2012 intitulée Olympe De Gouges écrit par Catel Muller ainsi que José-Louis Bocquet.

BD

Nous terminerons cet article par ces quelques mots visionnaires issus la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne qui résument bien les raisons du combat d’Olympe de Gouges :

« La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits.

La femme a le droit de monter sur l’échafaud ;

elle doit avoir également celui de monter sur la Tribune. »

 A.D. et I.T.